Des détails qui n’en sont pas
The details were not minor English
Es sind die Details, die zählen Deutsch
Fana ville d’accueil de ce Forum des peuples, hébergement, repas..., autant de choix qui ne doivent rien au hasard mais qui témoignent d’une volonté déterminée d’ancrer ce rassemblement au coeur de la réalité. Quitte à subir certains désagréments, ceux que vivent chaque jour les populations rurales.
Le Forum des Peuples est organisé dans le respect des réalités coutumières de la localité qui l’abrite. C’est un cadre d’échanges entre les différentes composantes de la société malienne, africaine. Il vise à développer de nouveaux comportements propices à mobiliser largement les citoyens dans le combat contre toute forme d’appauvrissement des peuples, qu’il soit intellectuel ou financier. Il participe à une mobilisation des acteurs de la société civile sur les questions politiques et économiques engageant la vie des citoyens. Autrement dit, il offre un espace de dialogue, d’éducation et de construction d’alternatives.
L’accueil, l’hébergement, la nourriture : ces trois aspects organisationnels ont une signification particulière qui contribue à atteindre l’objectif, celui de construire une société juste, équitable et socialement responsable.
Concernant l’hébergement par exemple, l’idée de base est d’héberger tous les participants dans les mêmes conditions. Et s’il existe une distinction dans les types de logements qui sont octroyés aux participants, aux conférenciers, aux journalistes ou aux étrangers, ce n’est pas dans l’intention de créer une différence entre les individus, mais de faciliter le travail des personnes qui doivent contribuer étroitement à la réussite du Forum. Afin de toucher le maximum de citoyens et d’être au plus près de la réalité de la vie quotidienne des populations maliennes, le choix s’est porté sur une zone rurale plutôt qu’urbaine. Et une zone connue par ailleurs pour ses mobilisations sociales. Un vrai choix politique mais qui représente un défi logistique compte-tenu de l’ampleur de l’événement. Toutes les infrastructures de la ville ont été réservées : villas, écoles, hôtels, campements et autres types d’hébergement, réparties selon le « Jatiguiya », l’hospitalité malienne. _ Il faut donner une certaine priorité aux délégations étrangères et aux orateurs : le Jatiguya est une preuve de respect, de solidarité et de générosité à l’endroit de l’hôte.
Comme le Forum encourage et sensibilise la population aux enjeux de la consommation locale, avec le soutien de l’Association d’entraide et de développement (AED), la nourriture est préparée par les femmes de la ville, et les repas consommés selon la tradition malienne, en groupe, dans un esprit collectif où chacun mange à la main. Des conditions inhabituelles pour certains, voire contraignantes pour d’autres. Mais c’est aussi un esprit que d’accepter ces conditions et de vivre l’expérience du Forum selon les principes édictés par Gandhi : « vivre simplement pour simplement vivre ».
L’édition de Fana a connu certaines difficultés organisationnelles, liées à la journée de pluie. Les problèmes d’approvisionnement en eau potable, insupportables, dépassent malheureusement la compétence des organisateurs et des autorités locales. Ils sont à l’image de ce qui se vit dans tout le pays, au-delà de la capitale. Et la détermination des participants a bien souvent permis de surmonter ces difficultés. L’évaluation menée au terme du Forum permettra sans nul doute de tirer parti de l’expérience pour l’améliorer, avec le soutien de toutes et tous.
Ibrahim Hamani Souley,
Bénévole à la CAD-Mali
| |