Si j’avais pu me rendre au Forum des peuples...
Note sur l’accaparement des terres.
J’aurai aimé avoir plus de temps pour mieux argumenter !
Si j’avais pu me rendre au Forum des peuples, voici – ici, en résumé – ce que j’aurais aimé développer.
La meilleure des lois foncières ne suffira pas, à elle seule, à protéger les paysans, tant qu’une bonne politique agricole et alimentaire ne permettra pas aux paysans de vivre dignement de leur travail.
Pensons à la loi qui interdit l’excision au Burkina : à elle seule, est ne fait pas évoluer les mentalités et les comportements.
Méfions-nous : donner un droit de propriété à un paysan, ce n’est pas le protéger. Donner une valeur financière à une terre, ce n’est pas la valoriser : c’est permettre au plus offrant de se l’approprier.
Comme, faute de politique agricole et alimentaire, la plupart de nos paysans sont pauvres. Ce qui fait que la valeur d’une terre, dans nos pays, est sous-évaluée, alors que la mondialisation est déjà là. Ce qui fait que la valeur financière d’une terre, dans nos régions est sous-évaluée : elle n’atteint pas le 1/1000 d’une terre de même qualité dans le pays des investisseurs étrangers.
Pour freiner et stopper l’accaparement des terres une bonne loi foncière peu aider (surtout en limitant les surfaces des transactions possibles), mais il faut surtout renforcer le mouvement paysan. Et collaborer avec eux pour réfléchir avec eux dans la durée.
Ceux qui veulent nos terres, nous disent souvent que beaucoup de terres cultivables, ne sont pas cultivée... Mais, les spécialistes de la population nous disent aussi que dans 25 ans notre population aura doublée. Pensons à l’avenir de nos enfants, et ne cédons pas nos terres aux étrangers (de la capitale... ou venus de pays lointains). Gouverner, c’est prévoir.
Si nous avons tant de terres disponibles pourquoi les éleveurs en manquent-ils ? Il est urgent de réfléchir à la place des éleveurs dans notre pays et dans notre économie. Dans 25 ans, il sera trop tard !
Maurice Oudet
Koudougou le 28 octobre 2011

