Déclaration finale du 8ème Forum des peuples de Bandiagara au Mali (8 au 10 juillet 2009)
« Il est urgent que les peuples d’Afrique passent à l’action »
La 8ème édition du Forum des peuples, à Bandiagara (région de Mopti) au Mali, s’est déroulée du 8 au 10 juillet 2009 dans un contexte de crises internationales (crise financière, crise économique, crise alimentaire, crise écologique et crise sociale). Le constat est sans appel : il s’agit bien d’une crise structurelle du système capitaliste mondiale.
Dans ce contexte, le G8, ce directoire illégitime et anti-démocratique, réuni en Italie, prétend apporter des solutions, alors que ce sont leurs recettes qui ont conduit le monde à cette situation dramatique. Les peuples du monde ne sont pas dupes, ils n’attendent rien d’eux. Il en est de même pour le G20, tout aussi illégitime malgré la présence de quelques pays dit émergents.
Ces crises ont un impact dramatique sur les conditions de vie des populations, particulièrement les plus pauvres d’entre elles. Bandiagara, où se tient le Forum des peuples reflète d’ailleurs bien les conséquences de ces crises multiples et connexes : pauvreté, manque d’eau, faible scolarisation, récoltes insuffisantes...
Nous, mouvements sociaux, organisations et participant-e-s au Forum des peuples, nous opposons au diktat des dirigeants du G8 et à leurs alliés. Nous exigeons des gouvernements du Nord et du Sud la mise en place d’alternatives en rupture avec le système capitaliste qui garantissent les droits humains fondamentaux des peuples.
Pour la souveraineté alimentaire
Le rejet de la signature des Accords de Partenariat Economique (APE) entre l’Union Européenne et les pays ACP et de tout autre accord de libre échange
Le refus des Organismes Génétiquement Modifiés et des agro-carburants
La mise en place de politiques contre la spéculation foncière
Le soutien et le développement de l’agriculture paysanne
Pour la libre circulation des personnes (conformément à l’article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme) :
Le refus des politiques migratoires de l’UE (pacte européen sur l’immigration, FRONTEX, directive « retour », accords de réadmission...). Nous exigeons de nos gouvernements qu’ils s’opposent à l’ensemble de ces politiques de l’Europe « forteresse ».
Le retour immédiat et inconditionnel des détenteurs de récépissé de demande de carte de séjour actuellement bloqués à l’aéroport de Bamako (Mali).
La régularisation de tous les sans papiers résidant dans les pays du Nord.
La ratification par les pays européens de la Convention des Nations Unies du 18 décembre 1990 sur le droit des travailleurs migrants et leurs familles.
Pour la reconnaissance des biens communs de l’humanité
Arrêt immédiat des privatisations de l’eau, non à la marchandisation des biens communs
Respect du droit à l’accès universel à l’eau
Pour l’émancipation des femmes et l’égalité hommes-femmes
Assurer la participation des femmes aux prises de décisions politiques et économiques
Soutenir les initiatives économiques des femmes africaines
Abolition de toutes les politiques discriminatoires à l’égard des femmes
Pour l’annulation de la dette des pays du Sud
Annulation / répudiation immédiate et inconditionnelle de la dette des pays du Sud
Mise en place d’audits de la dette comme outils au service de ces revendications
Versement de réparations aux pays du Sud
Abolition de la Banque mondiale et du FMI, refus de leur légitimation par le G8 et le G20.
Pour la paix entre les peuples
Refus des guerres impérialistes et de domination néocoloniale
Refus des guerres d’exploitation et de pillage des ressources naturelles
Refus de transformer nos armées en force auxiliaire de résolution des conflits occasionnés par les puissances du Nord pour l’exploitation des ressources naturelles.
Démantèlement immédiat des bases militaires étrangères sur le sol africain et refus de l’installation de nouvelles bases sous prétexte de lutte contre le terrorisme.
Refus des accords de défense avec les pays du Nord.
Pour le respect des droits des travailleurs
Respect des luttes sociales et du droit de grève
Réintégration obligatoire de tous-tes les travailleurs licenciés
Pour un travail décent
Pour le principe d’autodétermination des peuples
L’arrêt immédiat et sans condition des ingérences extérieures dans les affaires intérieures des Etats.
Le refus des démocraties bananières qui répondent aux intérêts des pays du Nord et de leurs multinationales.
La fin des politiques néocoloniales
Pour le respect de la nature et la lutte contre le changement climatique
Reconnaissance d’une dette écologique des pays du Nord au pays du Sud
L’arrêt de la surexploitation des ressources naturelles par les pays du Nord
La diminution drastique des gaz à effet de serre par les pays du Nord
Nous appelons l’ensemble des mouvements à se mobiliser pour la mise en oeuvre de ces revendications et alternatives lors des dates suivantes :
Mobilisations internationales :
12 octobre 2009 : Journée contre la marchandisation, la colonisation et pour la Terre Mère
12–18 octobre 2009 : Semaine d’action contre la dette et les institutions financières internationales
07-17 décembre 2009 : Contre sommet à la conférence cadre des Nations Unies sur le changement climatique – Copenhague (Danemark)
18 décembre 2009 : Journée internationale des migrant-e-s
Préparation de la Marche mondiale des femmes de 2010
Mobilisations africaines
15 novembre 2009 : Journée pour la paix en Côte d’Ivoire étendue à l’Afrique
Le Forum des peuples